ASCENDANCE

 à la Fondation Manuel Rivera-Ortiz






du 29 octobre au 24 décembre 2022



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Francesca TODDE
Zoé AUBRY
Guillaume DELLEUSE
Isabelle HA EAV
Pierre-Kastriot JASHARI
Joanne JOHO
& Thomas Yaël LOPES
Younès KLOUCHE
Margot LANÇON
& Chloé SIMONIN
Florent MENG
Leslie MOQUIN
Laurence RASTI
Dorian SARI



du 29 septembre au 24 décembre 2022
au 18 rue de la Calade — Arles

Ascendance  relie une quinzaine d’artistes proposant des regards singuliers sur la notion de droits humains. Francesca Todde explore les possibilités d'empathie entre différentes espèces, elle va au-delà d'une vision humaine autocentrée, mais plutôt vers un élan à la compréhension de notre sensibilité. Cette recherche photographique vise donc à comprendre comment l’échange et le partage de codes expressifs entre les humains et les animaux peuvent transformer l’intensité de leur relation et ainsi renouveler leur identité réciproque. Une collaboration avec la Fondation Act on your future, permet la sélection de 13 artistes émergent·e·s étant finaliste ou lauréat·e du Prix de photographie des droits humains. Les droits humains sont les droits inaliénables de tous les êtres humains, sans distinction aucune, notamment de race, de sexe, de nationalité, d’origine ethnique, de langue, de religion ou de toute autre situation. Ils incluent le droit à la vie et à la liberté. Cependant la frontière de ces distinctions est souvent floue, l’égalité des genres n’est pas encore une norme sociale établie. Les notions d'identité ne cessent d'être questionnées et revalorisées. Laurence Rasti capte cette fragilité d'existence, à Denizli, une ville de Turquie, où des centaines de réfugié·e·x·s homosexuel·le·x·s iranien·ne·x·s transitent ; une migration, promesse vers la libre expérience de leurs orientations sexuelles et de leurs amours. Pierre-Kastriot Jashari dresse des portraits de jeunes Albanais homosexuels jouant de l’ambivalence entre le besoin de s’affirmer et l’obligation de se cacher. Les images de migrants, de réfugiés qui fuient leur pays à la recherche d’une vie meilleure sont partout. Mais il est intéressant de suivre cette migration car le parcours pour l’adaptation est fragile et tumultueux. Margot Lançon et Chloé Simonin, tentent de capturer la transformation profonde qui s’opère chez une jeune femme érythréenne, Yerusalem arrivée il y a trois ans pour demander l’asile politique en Suisse, plongée dans une société aux antipodes de la sienne. Une situation de migration souvent invisibilisée dans les discours publics, qui participe activement aux dynamiques de ségrégation socio-spatiale. Florent Meng Lechevallier questionne ce régime du visible dans les États du Sonora au Mexique, frontière de l’Arizona aux U.S.A, par le combat de ceux qui viennent en aide aux migrants et qui recensent les disparitions. Cette fragilité du monde, de notre société, s'incarne également par la notion de droits humains en temps de crises écologiques. La fragilité d'un territoire en danger qui est contraint par des régimes d'oppressions et de répressions, en Birmanie, presque deux ans après le coup d’Etat, une guerre civile demeure. Isabelle Ha Eav présente un livre regroupant 14 poètes birmans et rohingyas et 6 photographes, tous exilés, emprisonnés ou assassinés par les militaires depuis le coup d’État de février 2021. Isabelle descend également le cours du fleuve, l’Irrawaddy, un des derniers fleuves libres d’Asie, fleuve aujourd’hui en danger critique. Joanne Joho et Thomas Yaël Lopez, renversent cette esthétique en réalisant un projet en contrepoint où l’être humain ne se remet pas en cause et souhaite toujours plus. Ainsi ils ont créé All inclusive, une agence de voyage dystopique proposant des destinations extraterrestres aux citoyens d’une planète éteinte. Regard méditatif sur un monde délicat. Younès Klouche propose un essai vidéo filmé sur un lac glaciaire en Suisse au moment du coucher du soleil. L'image est d'origine, une construction de force et de puissance, Leslie Moquin s'est intéressé aux identités visuelles des sound systems monumentaux, les Picós qui rugissent dans les quartiers populaires de la région des Caraïbes colombiennes. Des marqueurs de sociétés peuvent également être individuelles, liées à notre identité. Guillaume Delleuse porte un regard sur les tensions du corps, plus largement la manière dont le corps est marqué, par la souffrance ou l’extase, par le mode de vie, par le vêtement, par le tatouage ou simplement par la friction du temps. Les artistes se positionnent entre une critique sociétale et médiatique, Zoé Aubry problématise nos modes de visualisation et de transformation des formats de perception, questionnant les usages et les gestes relatifs aux noms effacés de victimes de meurtres systémiques et structurels. Questionnement de notre responsabilité, cependant notre quotidien est saturé d’informations, bien au-delà de notre capacité biologique à les traiter. C’est dans ce contexte que naît le phénomène de post-vérité. Les faits, même les plus incontestables, sont remis en question alors que les fausses nouvelles envahissent l’espace médiatique. C'est pourquoi Dorian Sari nous montre l'attention que nous devons porter, notre attention à questionner. Ascendance caractérise ce croisement des générations qui génère et perpétue des traditions tout en ayant un caractère de progression, une volonté de changement bénéfique de la société sur les droits humains, l'acceptation des autres ; seulement cela réfère au comportement social caractérisé par la tendance à dominer les autres, qui joue l'ambivalence de notre société actuelle. Ascendance, pluralité d'un caractère utopique à double tranchant, s'élevant tel un astre sur l'horizon.


Commissaire d’exposition    Florent BASILETTI
Partenaires    Fondation Act on your future, Atelier SHL, Boutographies, Théâtre du Centaure


La Fondation

— Manuel Rivera-Ortiz pour la photographie & le film documentaires

Créée en 2010, la Fondation Manuel Rivera-Ortiz vise à encourager une nouvelle génération de photographes — armés uniquement d’un appareil photo et d’une vision d’un monde meilleur —, à parcourir le monde et capturer l’humanité en mouvement.

18 rue de la Calade — 13000 Arles

ouvert tous les jours, sauf le lundi de 11h à 18h
entrée à 6€ — tarif réduit à 4€*