PORTES INSULAIRES


3 novembre - 30 décembre 2023


Portes insulaires    

                     Le programme d’expositions Portes insulaires est une invitation dans des territoires méconnus et mouvants ; une exploration des défluents, à travers des sédiments, à la rencontre des habitant.e.s. Des univers faussement sauvages, empreints d’un sentiment d’appartenance fort, avec l’ambition d’un contrôle ultime mêlé à une impuissance saisissante. 


Nous partons à la découverte du delta du Danube, le deuxième plus grand des deltas européens après celui de la Volga, avec une superficie de 3 446 km2 ; une région naturelle protégée et classée au patrimoine mondial par l’Unesco depuis 1991. Camilla de Maffei capte ce territoire à travers les quatre saisons, à la rencontre de ses habitant.e.s et à la découverte de l’embouchure du fleuve prenant sa source en Allemagne, dans les montagnes de la Forêt Noire, pour finir dans la mer Noire. Ce delta est la plus grande zone humide de l’Europe, cinq fois plus grand que la Camargue, la terre ferme ne représente que 13 % de la superficie totale.


Mathias Benguigui porte un regard sur le delta du Rhône, delta de Camargue. Un territoire empreint de mythes, de visions fantasques et de légendes. Un écrin pour la biodiversité qui subit des pressions socio-politiques et une crise environnementale sans précédent. Une terre de contradiction, avec un sentiment d’isolement et d’iléité, mais aussi portée par le tourisme à travers son image sauvage et idyllique.

En Méditerranée et en Provence la maîtrise de l’eau est très importante, elle façonne l’économie et sa vivabilité. Le sens de l’orientation permet de cartographier des territoires pour permettre de mieux les appréhender. Elizabeth Guyon réalise cette cartographie en marchant au rythme de l’eau au sein du canal de Craponne. Datant de la Renaissance, ce canal irrigue et fertilise une grande partie de la Crau, cette steppe désertique laissée par le paléo delta de la Durance. Elizabeth jalonne ces rencontres à travers une perspective de faire du commun, en captant l’écho entre l’eau et la parole.


Artistes        
Mathias BENGUIGUI, Camilla DE MAFFEI, GUYON Elizabeth, JoanaLUZ
Direction artistique    Florent BASILETTI



How was your dream ?

Thaddé COMAR


How was your dream ? est un projet photographique réalisé lors des manifestations de Hong Kong entre juin et octobre 2019. Ce travail traite des nouvelles formes de manifestation et d'insurrection dans notre époque dominée par des sociétés de contrôle.

En 2014, le « Mouvement des parapluies » avait été rapidement réprimé. En 2019, le soulèvement démocratique s'est donné les moyens de se poursuivre. Face à un arsenal sophistiqué (reconnaissance faciale, géolocalisation, fichage, canons à eau, gaz lacrymogène, armes soniques), les manifestants ont développé un répertoire de techniques basées sur l'invisibilité et l'intraçabilité : anonymat, lasers, poches de Faraday, masques, communication cryptée.

Ces nouveaux dispositifs transforment les formes de lutte mais poussent à l'effacement progressif des singularités individuelles. À l'avenir, les systèmes de contrôle sophistiqués nous contraindront-ils à faire disparaître nos singularités humaines ? Cela se fera-t-il au profit d'une nouvelle identité commune ?


commissaires  Florent BASILETTI, Justine AYZAC, Baptiste PLEDEL
partenaires  Fondation Act On Your Future, InnovaArt

Game Boy

Pierre CORBINAIS


Lancée en 1998, la Game Boy Camera transforme la célèbre console Nintendo en appareil photo rudimentaire. Bien que visionnaire (caméra frontale, filtres « stickers », GIFs animés), la qualité reste limitée : 128x112 pixels, quatre nuances de gris, focale fixe.

Pierre Corbinais utilise sa Game Boy Camera pour capturer des reflets anonymes, des foules en mouvement et des scènes de rue. Les images, contraintes par les capacités techniques du dispositif, invitent à voir le monde autrement. Chaque détail devient un sujet d'observation, soulignant l'idée que tout dans notre quotidien peut être capturé, surveillé et archivé.

Dans cette exposition, les photographies transcendent les limites de la Game Boy Camera et interrogent la frontière entre créativité et contrôle. Elles démontrent comment un objet ludique peut être détourné pour devenir un outil de réflexion sur notre société hyperconnectée.


commissaires  Florent BASILETTI, Vincent MONCHO
partenaires  Octobre Numérique - Faire monde, InnovaArt

An Eternal Wasteland

Mathis CLODIC


Entre 2009 et 2015, Mathis Clodic a passé plus de 4 000 heures sur Modern Warfare 2, un jeu de tir désormais obsolète. Avec un regard empreint de nostalgie, il explore aujourd'hui les paysages abandonnés de cet univers numérique.

Intitulé An Eternal Wasteland, ce travail propose une expérience contemplative fondée sur le détournement d'un champ de bataille vidéoludique. Le projet réunit des images et vidéos où se croisent différentes influences : l'essence du machinima, la tradition du paysage romantique et le pictorialisme.

Dans cet espace vidéoludique déserté, le jeu devient un lieu de méditation où le spectateur redécouvre des espaces virtuels à l'étrange temporalité. Côtoyant les problématiques spatio-temporelles soulevées par Andreï Tarkovski, An Eternal Wasteland explore un territoire en attente d'activation, offrant une réflexion sur l'étrange processus d'éternisation à l'œuvre dans les ruines de certains mondes virtuels.


                   
commissaire  Guillaume PASCALE
partenaires  Octobre Numérique - Faire monde, Ecole Nationale Supérieure de Photographie


Modus Inoperandi

Maud MARTIN


À partir de scénarios anticipant de possibles modes de vie futurs, Maud Martin a établi une liste de néologismes qui ont servi de prompts pour générer des images par intelligence artificielle. Ces objets, aussi plausibles que dysfonctionnels, apparaissent comme des vestiges absurdes de notre société techno-industrielle.

Malgré l'automatisation du processus, la machine révèle son incapacité à faire de la prospective : elle ne produit que des objets fossilisés, des assemblages de données recyclées qui, à défaut de nous projeter dans le futur, participent à archiver le présent.

En déjouant les systèmes prédictifs par le langage, cette série invite à interroger nos imaginaires et notre rapport aux objets techniques. Les images obtenues apparaissent comme les notes de bas de page d'une fiction en creux, à imaginer. La part d'erreur de la machine crée un interstice tentant, pour sortir du programme et révéler sa part d'absurdité.


commissaire  Guillaume PASCALE
partenaires  Octobre Numérique - Faire monde, Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles


Matériaulogie des images

La Cellule


Cette exposition présente les résultats de deux ans de recherches en art et création dans le cadre du projet Matériaulogie des images, mené par une quarantaine de chercheurs et étudiants. Né de la rencontre entre le travail de Sophie Lécole Solnychkine (Université Toulouse – Jean Jaurès) et le laboratoire La Cellule de Yannick Vernet (École Nationale Supérieure de la Photographie), ce projet explore l'image à travers la matière.

Il s'agit d'interroger les relations entre les images et les matériaux du monde (terre, minéral, végétal, processus biologiques) en tant que forces actives. En repensant l'image par ces substances, le projet invite à une approche écocentrée et interdisciplinaire, intégrant esthétique, sciences et humanités écologiques.

Cette démarche vise à révéler les interrelations entre les formes d'images et leurs milieux, en expérimentant de nouvelles façons de produire et de comprendre les images, au plus près des éléments du monde vivant.

Projet financé par le Ministère de la Culture dans le cadre du dispositif « Recherche dans les écoles supérieures d'art et de design » (RADAR).

              
partenaires  École nationale supérieure de la Photographie d’Arles, Université Toulouse - Jean Jaurès, Ministère de la Culture                                                 
Adresse
Fondation Manuel Rivera-Ortiz
18 rue de la Calade
13200 Arles
Horaires
Actuellement fermée au public
© Fondation Manuel Rivera-Ortiz